Voilà enfin l’article tant attendu par les milliers de fans en délire, scotchés à ce blog depuis son lancement ! Chose promise, chose due (même si ça a pris du temps) : il concerne les repas chinois.
Rentrons tout de suite fans le vif du sujet. Comment se nourrir à Shanghai ?
Ce n’est pas difficile : vous avez des restaurants partout ! Il y a de tout, traditionnel Chinois, Indien, Mexicain, Italien, Français... ainsi que les incontournables Pizza Hut, Mc Donald ou KFC. Mais intéressons-nous plutôt à la cuisine chinoise. J’ai fait plusieurs voyages d’affaire où j’ai pu tester toutes sortes de cuisines, j’ai testé quelques restaurants, mais la plupart du temps je mange à la cantine de l’entreprise.
Tout d’abord, la nourriture est souvent meilleure qu’elle en a l’air (même si certains bons restaurants présentent ça très bien). On est souvent agréablement surpris. Certaines choses sont étranges au premier abord, mais se révèlent « mangeables ». D’ailleurs je pense que l’on peut classer pas mal de plats dans cette catégorie. Je pense aussi que mes goûts ont aussi évolués (ou régressés, je sais pas ^^) : je n’ai rencontré que très peu de choses que je n’ai pas aimé.
Il ne faut pas oublier que la Chine représente des milliers d’années de traditions culinaires, et a traversé des phases où il a fallu rentre comestible le peu de choses que l’on pouvait trouver. Les repas sont donc totalement différents, aussi bien par leur contenu que par la manière de manger.
L’art et la manière
Attardons-nous un peu sur la façon de manger chinoise, qui présente de nombreuses particularités. Vous n’êtes pas sans savoir que les Chinois mangent avec des baguettes (si, si). Pour ceux qui se posent la question : non, je n’ai jamais eu de problème avec les baguettes (j’ai une habileté innée certainement) ! Facile, facile. Mais ceci engendre d’autres manières de manger.
Conséquence directe : le « recrachage » de morceaux dans l’assiette. Cela peut sembler étrange, mais ceci est assez inévitable : lorsque vous avez un poulet coupé en 4, il y a forcement des os qui vont avec votre part, que vous ne pouvez pas séparer sans y aller avec les dents. Mais c’est normal, tout ce qui est os et petits morceaux est recraché, plus ou moins élégamment.
Autre chose importante : les plats sont communs. Votre assiette ne sert qu’à déposer provisoirement quelques mets pris de ci de là, ou à y laisser les os et morceaux sus-cités. Il y a donc des plats posés au centre de la table. Ce qui explique que dans les restaurants chinois, les tables sont toujours rondes. Certaines sont munies d’un plateau de verre circulaire qu’il est possible de faire tourner afin d’accéder aisément à tous les plats. Le temps d’attente avant de débuter un repas est très court. Et, une fois lancé, cela ne s’arrête plus : les plats arrivent régulièrement. Il reste souvent pas mal de trucs dans les divers plats, ce qui fait pas mal de gâchis. Mais la culture veut qu’il vaille mieux y avoir trop que pas assez, sinon vous n’honorez pas vos hôtes.
Ce système de plats communs explique pourquoi vous ne disposez que d’une toute petite assiette, de vos baguettes et la plupart du temps d’un bol avec sa cuillère en porcelaine assortie. Vous avez systématiquement une serviette chaude et humide fournie au commencement du repas dans les restaurants. Vous n’avez rien de plus. Il est rare d’avoir un verre : les boissons sont presque inexistantes lors des repas. S’il y en a, c’est pour le thé, qui vous est servi tout du long de votre dîner.
Dans les restaurants, vous avez parfois plusieurs serveuses qui restent à côté de la table, à vous regarder manger. Elles vous apportent les plats, donnent les serviettes et surtout veillent à ce que dès que vous manquez de quelque chose cela vous soit donné. Ca fait assez bizarre et c’est parfois plus ennuyeux qu’autre chose.
Par exemple, lors d’un repas d’affaire dans un restaurant, du thé était servi. Comme à l’accoutumé en Chine, il est servi brûlant. Ajoutez à cela le fait que les Chinois n’attendent jamais que vous ayez fini votre verre pour vous resservir et que des serveuses sont sournoisement à l’affût du moindre de vos mouvements, et vous obtiendrez le problème suivant : à chaque fois que vous vous brûlez les lèvres pour boire un peu de votre thé (lorsqu’il commence à devenir buvable au bout de 5 minutes), une serveuse vient vous re-remplir votre verre de thé fumant. Moralité : vous ne pouvez reboire une gorgée avant 5 minutes, où l’opération se répétera !
Fort de ma formation d’ingénieur, j’ai réfléchi intensément et ai trouvé la solution : il faut se retenir plus longtemps de boire afin que le thé refroidisse bien, et en boire une grande quantité d’un coup lorsque la soif vous tiraille de trop ou lorsque vous tombez sur un met quelque peu épicé (et ce n’est souvent pas épicé à moitié, hein ! moi qui n’aime pas trop manger épicé, je suis servi… m’enfin on s’habitue). Le problème se pose quand on vient de vous resservir et que vous tombez sur un morceau fortement épicé ! Il faut choisir entre laisser sa bouche se consumer et fumer par les narines ou se cramer le palais avec le liquide limite à ébullition…
Surtout que c’est sadique, un plat épicé : on ne sent rien au début et on reprend un morceau parce que c’est bon ; et on commence le 2e lorsque le caractère fortement épicé du premier se fait sentir ! « Le con » se dit-on à ce moment, en essayant de garder sa contenance devant les collègues et clients…
Enfin la contenance, ce n’est pas le fort des Chinois. Cela ne les dérange pas le moins du monde d’en foutre partout en mangeant, de manger façon « super-méga-vite-la-tête-dans-le-plat » en faisant un bruit d’enfer, ou encore de roter à table. Question de culture, je suppose.
Dans certains restos où mangent les Chinois « de base », lorsque vous arrivez pour manger, vous passez devant des tables précédemment utilisées. Le personnel est en train de nettoyer, et il y a de quoi faire ! Il y a des morceaux de tout partout sur la table et par terre ! Je suis certain que Derrick pourrait y retrouver sans peine le menu complet de ces précédents clients… Enfin bon, certains restaurants sont constitués de petites salles séparées, chacune d’elles contenant une table. Ce qui empêche de voir manger les autres personnes du restaurant.
Eh oui, manger en Chine est tout un art…
Les plats
Mais, mais, mais… Qu’est-ce qu’on mange alors ? Ahah, vaste question. La cuisine chinoise est variée, et dépend fortement de votre localisation en Chine. Je n’ai pour l’instant eu l’opportunité de manger que la nourriture du coin de Shanghai (faut aller loin quand même pour changer de coin… Première découverte : « La Chine, c’est grand »).
Les incontournables sont le riz et les nouilles chinoises. Vous trouvez l’un ou l’autre dans chaque repas (sinon c’est pas un repas). Il en existe d’innombrables sortes, c’est une valeur sûre.
Les fruits de mer sont également très présents. La crevette va bientôt disparaître des mers, c’est moi qui vous le dit ! Cuisinée de multiples façons (simple, cuite, panée, assaisonnée, en beignet…), vous la retrouvez en permanence. Toutes sortes de poissons sont aussi au menu. Ils sont souvent entiers, avec la tête et tout (il paraît que c’est le meilleur… je ne peux pas vous dire, j’ai pas testé ^^’). A part ça, vous avez des milliers de choses à base de poissons et Cie.
J’ai goûté à la méduse, et ça fait parti des rares trucs que je n’ai pas aime… Sous forme de lamelles transparentes à points noirs, c’est caoutchouteux et pas fameux (et on l’a longtemps dans la bouche parce que c’est pas facile à mâcher !)… C’est là que l’on trouve tout son intérêt au système chinois : il suffit de laisser passer le plat et ne plus en reprendre :)
Autre produit marin, c’est le « crabe épicé ». Importé de je-ne-sais-plus-où par des frères chinois qui ont monté leurs restaurants, ces crabes ont connu un succès fulgurant à Shanghai. Il y a maintenant 3 restos à Shanghai de ces frères qui ont fait fortune grâce à ça. Ce n’est pas mauvais, pas trop épicé (même si le nom « spicy crab » faisait un peu peur de ce côté), mais vraiment pas facile à manger ! Allez bouffer du crabe à la baguette, tiens… j’veux vous y voir ^^
Particularité chinoise : un produit animal n’est pas frais s’il n’est pas vivant. En entrant dans les restaurants, vous voyez donc les poissons évoluer dans leurs aquariums, dans l’attente d’être dévorés… Concernant les crabes, vous pouvez même choisir lesquels vous voulez manger !
La viande se retrouve dans les repas, mais est moins présente que les fruits de mer. On retrouve néanmoins assez souvent le poulet, le bœuf et le porc dans quelques plats. N’espérez pas trouver un steak : tout est découpé en morceaux pour pouvoir être mangé directement. On peut tout de même trouver des fines lamelles de bœuf très tendre, qui peuvent entre découpées sans peine avec les dents.
Il y a aussi du canard. Laqué et mangé avec la peau, mais je n’ai pu en déguster qu’une ou deux fois.
Les soupes reviennent souvent. Généralement une par repas. Ne me demandez pas ce qu’il y a dedans, je n’en sais rien. Ca change à chaque fois de toute façons… :P
Les autres trucs « que-je-ne-sais-pas-ce-que-c’est-mais-qui-sont-mangeables » constituent tout le reste. Il y a des choses de toutes formes et de toutes les couleurs. Pas mal de légumes également.
Il ne reste plus qu’une chose, que je ne peux classer dans cette catégorie (parce que je ne considère pas ça comme « mangeable ») : c’est un mélange étrange de haricots blancs à moitié broyés, avec des céréales et baignant dans un liquide pâteux blanchâtre et translucide. J’avais tout un bol de ça à moi tout seul, avec tout le monde qui me regarde… la chance ! ^^’
Il fallait en manger que tout petit peu par tout petit peu, sinon c’était totalement écœurant. J’ai pas fini d’ailleurs (j’ai pas dû manger 1/10e du bol au final, je suis sûr…).
Et à la fin des repas… Pas de dessert ! Ou sinon 4 morceaux de fruits qui se battent en duels. Des pastèques généralement. C’est la saison des pastèques. Et ouais…
Les prix
Pour finir ce splendide article qui vous a littéralement transporté en Chine l’espace d’un court instant, parlons rapidement des prix (rapidement, car vous devez en avoir marre de lire ce fichu texte… c’est bientôt la fin, c’est bientôt la fin ! ^^).
Il faut savoir qu’ici, on ne prend pas de menu au restaurant, mais on choisit les plats qui nous seront apportes. Chaque plat a un prix et au final on fait l’addition. Pas facile d’estimer les quantités lorsque l’on commande…
Bien sur, en dehors de ce systeme se situent les fast food. Vous voulez savoir les prix des McDo et KFC ? Vous prenez le prix en euros en France, et « hop ! » vous remplacez le signe euro par RMB. Voilà, vous avez le prix d’ici ! Rappel : 1 euro=10 RMB :D
Bon, n’allez pas croire que je mange tout le temps au resto. J’en parle juste parce que c’est plus intéressant et reflète bien la façon d’être en Chine. J’achète aux supermarchés, supérettes, que l’on trouve en nombre ici. Il y a également une quantité folle de petits commerçants… enfin vu le nombre de chinois, c’est sur qu’il y a de la demande ! On trouve un peu de tout, même quelques produits français (notamment des vins), mais les prix des produits importés sont bien plus chers… L’eau minérale française, c’est du luxe ici ! Je vais me ruiner si je veux manger français, moi ^^’
Voilà, voilà, c’est terminé pour cette fois. Encore désolé pour l’attente, mais le contenu fût au rendez-vous, non ? J’ai fait ça d’une traite, il fallait la motivation :)
Allez, je vais réfléchir au prochain sujet à aborder. Y a-t-il quelque chose concernant la Chine que vous voudriez savoir ?
A bientôt (ou pas…) !
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Là où
ceci est moins pratique, c’est lorsqu’il s’agit de traverser une rue. En effet, traverser une rue
Alors comment traverser ? Déjà,
attendre que le petit bonhomme soit vert. Pas question de faire comme en France et de passer au bonhomme rouge : c’est à 90% des cas quasiment impossible… à moins d’avoir des pulsions
suicidaires ! Une fois que le signe est vert, cela ne signifie pas que l’on peut passer sans crainte : il y a encore pas mal de véhicules qui passent encore lorsque leur feu vient de
passer au rouge, il y a constamment des véhicules qui peuvent passer s’ils tournent, et il y a les deux-roues qui peuvent rentrer en compte.
Bon il faut
juste se galérer pour aller prendre un ticket au guichet (les Chinois sont aussi rustres concernant les files d’attente : ils n’hésitent pas a doubler et pousser). Et une fois que vous êtes
au guichet, il faut commander un ticket pour un arrêt précis (c’est obligé, sinon ça ne serait pas marrant) à la madame, qui ne parle bien sur pas un traître mot d’anglais. Ma solution, c’est de
montrer sur ma carte géante de Shanghai la petite station là-là-ici-c’est-là-que-je-veux-aller. Des fois ca passe pas trop mal, des fois ça ne passe pas… Ce qui est sûr, c’est que je passe pour
un idiot ! :) M’enfin, sur les 20 millions de chinois que compte Shanghai, ça devrait passer inaperçu… ^^
Pour finir,
je vais vous parler des taxis à Shanghai. Le taxi, c’est un truc que vous ne pouvez pas manquer : il y en a partout ! Contrairement aux taxis français, ils ne sont pas chers (mais
néanmoins plus chers que les autres moyens de transport). On s’en tire souvent pour un peu plus de 30 yuans.